La Géorgie du Sud est une île des latitudes australes, située à 1800 kilomètres à l’est de l’Argentine. Quelles sont raisons qui font qu’on ne revient jamais déçu d’un voyage vers cette île ? Tout réside dans ce que la Géorgie du Sud sait offrir… Qu’est-il possible d’y voir, quels animaux, quelle histoire, quelles sont les activités faisables sur place ?

Les animaux
C’est sans doute le thème numéro 1 qui frappe les esprits, les yeux et le coeur lorsqu’on découvre la Géorgie du Sud. Les animaux sont partout, du plus petit oiseau, le pipit de Géorgie du Sud, aux énormes éléphants de mer qui se prélassent sur les plages !
Les oiseaux
Plus de 65 millions d’oiseaux (30 espèces) nichent en Géorgie du Sud, dont 3 espèces de manchots (royal, papou et doré ou macaroni). Les familles des pétrels et des albatros sont également bien représentées avec notamment le pétrel géant (2 espèces), les albatros (à tête grise, fuligineux à dos clair, à sourcil noir et hurleur), le damier du Cap, le pétrel à menton blanc. Il est également possible d’observer les pétrels plongeurs, la famille compliquée des prions, le labbe brun, les endémiques canard à queue pointue et pipit de Géorgie du Sud (graal des ornithologues), le chionis blanc, le cormoran de Géorgie du Sud et peut-être, si la chance est avec vous, le pétrel des neiges…
Beaucoup de ces oiseaux ont vu leur existence menacée par l’introduction involontaire des rats dans l’île dès l’année 1904. Le gouvernement britanique a mené une vaste opération de dératisation de 2011 à 2015 qui a porté ses fruits, puisqu’en 2018 plus aucun indice de présence de rat n’a été noté.
Le manchot royal est… roi
Le second plus grand manchot est en effet le roi en Géorgie du Sud. Le tiers de la population mondiale s’y reproduit en colonies de toutes les tailles : St Andrews Bay (150 000 couples), Salisbury Plain (60 000 couples), Royal Bay (30 000 couples), Gold Harbour ( 25 000 couples) ou encore Fortuna Bay (7 000 couples). Une visite de l’une ou l’autre de ces colonies vous laissera sans voix et il n’y a pas d’équivalent visitable dans le reste de l’océan austral, à part peut-être la colonie de Lusitania Bay à l’île Macquarie (aucun débarquement n’y est cependant possible).
Les mammifères
Deux espèces de mammifères sont facilement observables en Géorgie du Sud, notamment en été lorsqu’elles se reproduisent sur les plages de l’île.
- L’otarie à fourrure antarctique (Arctocephalus gazella) : après avoir frolée l’extinction, l’espèce a recolonisé l’île suite à sa protection. Sa population est estimée à plus de 5 millions d’individus, sachant que la Géorgie du Sud compte à elle seule pas moins de 95% de la population mondiale. Pendant l’été austral, les otaries sont très actives sur les plage et proches des côtes : les mâles se battant voilemment pour protéger leur harem, pendant que les femelles sont bien occupées à élever leur jeune.
- L’éléphant de mer austral (Mirounga leonina) : avec plus de 400 000 individus, l’île aurait la plus importante population au monde de cette espèce de mammifère marin. Là encore, pendant l’été, les mâles qui peuvent atteindre un poids de 5 tonnes, se prélassent sur les plages en restant vigilant quant à la présence d’autres mâles qui voudraient approcher leurs femelles.
Nul doute que ces deux espèces vous offriront des scènes incroyables, de la plus grande tendresse des nouveaux-nés et jeunes individus, à la puissance des mâles dominants…
Il n’y a pas d’autres espèces de mammifères sur la terre ferme depuis que les espèces non indigènes ont été retiré de l’île. Les derniers étant les rennes et les rats.
Dans les eaux bordant la Géorgie du Sud, vous pourriez avoir l’opportunité d’observer des cétacés comme la baleine à bosse, le rorqual commun, la baleine franche australe ou encore le petit rorqual.
La flore
S’il n’y pas d’arbres sous ces latitudes, la flore est tout de même bien présente, parfaitement adaptée aux conditions. 125 espèces de mousses et 200 de lichens ont été recensés à ce jour. L’espèce la plus visible est Poa flabellata, mieux connue sous le nom de tussac. Cette espèce qui pourrait vivre plus de 200 ans, forme des touffes qui peuvent atteindre des tailles impressionnantes. Son rôle est vital, à la fois pour éviter l’érosion, mais aussi car elle sert d’habitat à de nombreux oiseaux (et invertébrés) qui y trouvent à la fois un abris, mais également un site pour la reproduction.
L’histoire
Découvrir la Géorgie du Sud c’est aussi apprécier son histoire. James Cook pris possession de l’île pour la couronne britanique le 17 janvier 1775. Une dizaine d’années plus tard, c’est au tour des chasseurs d’otaries de marquer l’histoire, avant celle des baleiniers qui dès novembre 1904 établirent des stations baleinières dans les fjords abrités de l’île. De ces stations, les ruines existent toujours, mais seule celle de Grytviken peut s’approcher et se visiter. Vous y verez ainsi quelques bâtiments, des épaves de navires et une église.
Mais Grytviken est également célèbre pour être le site où le célèbre explorateur Ernest Shackleton perdit la vie le 5 janvier 1922 et fut inhumé deux mois plus tard. Le petit cimetière où il est enterré parmi d’autres hommes se visite.
Les paysages
Pour couronner le tout, la Géorgie du Sud est une île aux paysages somptueux. Toutes les couleurs s’y mêlent, du vert de la végétation, au blanc des glaciers et de la neige. Deux chaînes de montagnes marquent la partie centrale de l’île, offrant un relief spectaculaire de haute montagne, avec 11 sommets à plus de 2000 mètres d’altitude. En l’absence de nuages, peut-être apercevrez-vous le plus haut d’entre eux ; le mont Paget qui culmine à 2934 mètres, plus haut sommet du Royaume-Uni…
La géographie de la Géorgie du Sud est aussi marquée par de profondes baies et fjords, notamment sur la côte Nord, la plus visitée.
En raison de la présence de nombreux glaciers, vous rencontrerez forcément des icebergs en plus de ceux dérivant depuis l’Antarctique.
Quelles activités ?
Il n’est possible d’accéder à ce joyaux de l’océan Austral que par la mer. Par conséquent, c’est en bateau, en croisière expédition que vous visiterez la Géorgie du Sud. Si depuis le pont de ce dernier le spectacle est déjà grandiose, vous aurez la chance unique de pouvoir débarquer et visiter certains sites. L’exploration de cette île se fera donc en bateau, en embarcation pneumatique et lors de sortie sur la terre ferme. Peut-être vous sera-t-il également possible de réaliser une marche plus longue d’une baie à une autre de l’île… Pour les plus aguerri(e)s il est même parfois proposé de traverser la Géorgie du Sud de la côte sud vers la côte nord en passant par les montagnes !
A Grytviken, il est possible de visiter le musée et d’envoyer du courrier. C’est ici que se trouve la seconde station scientifique de l’île ainsi que le bureau des autorités.
Sources et références
- 🇫🇷 Série d’articles sur la Géorgie du Sud
- 🇫🇷 Problèmes posés par les rats en Géorgie du Sud
- South Georgia Heritage Trust
- Government of South Georgia & the South Sandwich Islands
- Boyd, I. L., et al., Status of southern elephant seals at South Georgia. Antarctic Science, 8(3), 237-244, 1996
- South Georgia IMMA
- Burton R., Croxall J., A Field Guide to the Wildlife of South Georgia, 2012
- Burton R., South Georgia, The Commissioner, South Georgia and the South Sandwich Islands, 2012