Pour beaucoup de personnes, l’observation des animaux est la principale attente lors d’un voyage dans l’océan Austral, autour de l’Antarctique et dans les îles subantarctiques. Les oiseaux et notamment les manchots font souvent la part belle aux autres, mais bien souvent les albatros surprennent également par leur taille et leur mode de vie. Ces géants des air figurent régulièrement dans les souhaits d’observation des ornithologues et naturalistes. S’il est possible de les croiser et de les observer partout dans l’océan austral, il y a cependant deux régions où leur observation à terre, au plus près, est possible…

Les observations d’albatros en mer
Où que vous vous rendiez dans l’océan Austral, dans les îles subantarctiques et même à l’approche du continent antarctique, vous observerez de nombreux oiseaux volant autour du navire sur lequel vous voyagez. La plupart appartiennent à l’ordre des Procellariiformes qui regroupent les pétrels, les océanites et les albatros. Le spectacle d’obserer ces oiseaux volant autour et à l’arrière du navire est bien souvent saisissant, attirant ornithologues, naturalistes, photographes et curieux de nature.
Les plus grands de ces oiseaux sont bien souvant les albatros, dont l’envergure peut atteindre 3,5 mètres ! Ils fascinent rapidement sur plusieurs aspects : leur taille, leurs couleurs, leur mode de vie, leur errance au-dessus des océans, leur longévité, etc.
En mer, ils seront donc vos compagnons aussi bien proches des côtes des îles, qu’en haute mer. Et bien souvent, plus il y a de vent et plus vous en verrez ! La diversité des espèces va dépendre de la longitude à laquelle vous vous trouvez. Ainsi au Sud de l’Amérique du Sud vous rencontrez des espèces que vous observerez peu ou pas au sud de la Nouvelle-Zélande par exemple.
Les observations à terre
En voyage en croisière expédition, les excursions en embarcation pneumatique vous permettent de longer des côtes, parfois impossibles à explorer autrement, ou interdite d’accès par la réglementation locale. Lors de ces sorties vous aurez également l’opportunité d’observer des albatros sur leur nid. Il s’agit bien souvent de l’albatros fuligineux, mais également aux îles Snares, de l’albatros timide et de l’albatros de Buller.
S’il est facile d’observer les albatros en mer, approcher une colonie et voir les oiseaux sur leur site de reproduction et même sur leur nid, est une autre histoire. A ce jour, deux îles subantarctiques offrent cette possibilité en toute légalité : les Falkland ou Malouines et l’île Campbell au sud de la Nouvelle-Zélande.
Aux Malouines
Quelques sites aux Malouines permettent après une marche d’approche de durée et niveau variables, d’accéder à une colonie d’albatros. Citons par exemple West Point, Saunders Island, New Island et Steeple Jason sur la côte ouest de l’archipel. L’espèce que vous observerez de très près est l’albatros à sourcils noirs. Au cours de l’été, les oiseaux sont particulièrement actifs à la colonie, les parents alternant sur leur nid pour s’occuper de ce dernier, de l’oeuf et de l’unique poussin.
La colonie de Steeple Jason est la plus importante au monde, elle s’étend sur 5 kilomètres et comptait 214 200 couples en 2010.
L’île Campbell
L’autre site pour observer les albatros à terre, est l’île Campbell. Moins connue que les Malouines, Campbell Island se trouve à 650 kilomètres au sud de la Nouvelle-Zélande. Six espèces d’albatros s’y reproduisent ! Seule l’ile française de Crozet bat se record avec 7 espèces. Mais à Campbell Island, l’espèce emblématique est l’albatros royal du Sud, puisqu’entre 8300 et 8700 couples y nichent, soit 99% de la population mondiale !
Plusieurs opérateurs visitent cette île chaque année. Le site le plus connu pour approcher les albatros royaux du Sud est celui de Col Lyall accessible après une heure de marche environ sur un caillebotis en bois. Seul un opérateur est également autorisé à offrir des randonnées pour explorer le reste de l’île et notamment rencontrer cette espèce lors des différents itinéraires.
A la différence de l’albatros à sourcils noirs, l’albatros royal ne niche pas en denses colonies. Les couples sont éparpillés dans la végétation à plusieurs dizaines de mètres d’écart.
Les îles de Nouvelle-Zélande
Les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande sont celles qui permettent d’observer en un seul voyage, le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux, dont d’albatros. Chaque année, un voyage passe par 6 de ces îles et 1 île australienne. Au total, que se soit à terre ou en mer, il est possible d’observer pas moins de 12 espèces d’albatros, soit la moitié des espèces connues dans le monde !
Sources et références
- 🇫🇷 L’albatros royal de l’île Campbell
- 🇫🇷 Duriez O, et Delord K, Manchots, pétrels et albatros : oiseaux des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), Ornithos 19-3: 162-183 (2012)
- Falklands Conservation
- Huin N. et Reid T., Census of the Black-browed Albatross population of the Falkland Islands 2000 and 2005, Falklands Conservation, 2006
- Wolfaardt A.C., An Assessment of the Population Trends and Conservation Status of Black-browed Albatrosses in the Falkland Islands, Joint Nature Conservation Committee, 2012
- Mischler C., et al., Draft POP2023-04 Campbell Island Seabird Research Project, Department of Conservation, 2024
- Agreement on the Conservation of Albatrosses and Petrels